Pages

Affichage des articles dont le libellé est swifteries. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est swifteries. Afficher tous les articles

mardi 12 août 2025

 

 

 

 


Thomas Duddy, A History of Irish Thought, Londres, Routledge, 2002, 361p.

 

Y a-t-il une pensée irlandaise, au sens où il y a une pensée allemande, espagnole, française, etc., et surtout au sens où il y a une pensée anglaise, écossaise ou américaine ? Au début de ce livre passionnant et neuf, Thomas Duddy évoque les moqueries de ceux qui doutent qu'il y ait une pensée irlandaise spécifique. Leur doute est fondé sur trois arguments que ce livre permet aisément de rejeter. 1 /On dit souvent qu'il y a un « esprit » irlandais, illustré par les grands écrivains et poètes (Swift, Wilde, Joyce, Beckett, Yeats, etc.) mais qu'il n'a rien de proprement philosophique, car il ne se prêterait pas à l'exercice de la pensée discursive et rationnelle (Richard Kearney dans The Irish Mind va même jusqu'à suggérer que cela rend l'âme irlandaise propre à la déconstruction derridienne !). Cet argument est faible : Molyneux, Boyle, Toland, Berkeley ou Pettit, parmi les auteurs analysés par Duddy, sont des philosophes argumentatifs, des amis de la raison et du bon sens. Bref, être irlandais ne prédispose pas à l'irrationalisme. 2 /On dit que les penseurs irlandais sont trop divers pour qu'il y ait une pensée irlandaise identifiable. La diversité n'est pas niable, mais est-elle si spécifique à l'Irlande ? Par exemple on se figure le penseur anglais typique comme un empiriste et matérialiste, mais c'est oublier qu'il y a bien des spiritualistes rationalistes dans la tradition anglaise. On parle de l'idéalisme spiritualiste français, de Descartes à Bergson et à Sartre ; mais que faire de penseurs comme Voltaire, Condillac ou Cournot ? 3 /Enfin, l'argument le plus déplaisant pour les Irlandais : leur situation a trop longtemps été celle de colonisés, et ils n'auraient jamais réussi à s'émanciper réellement de la pensée anglaise. La colonisation fut réelle, et bien des penseurs irlandais importants, de Swift et Berkeley à Wilde, eurent des carrières en partie irlandaises et en partie anglaises. Mais qui dirait que la pensée de Berkeley, qui ne manquait jamais une occasion de se démarquer de celle de Locke (« We Irish... », martèle l'évêque de Cloyne) manque d'originalité ? En fait même aux pires moments du carcan anglais, les Irlandais suivirent les instructions de Swift aux domestiques (encore aujourd'hui un des plus jolis textes politiques jamais écrits) : sabotez la vie de vos maîtres. Il est indéniable que l'histoire de la pensée en Irlande est scandée par la religion et la politique. Duddy la fait remonter à 1' « Augustin irlandais », un moine du VIIe siècle vivant dans un univers celtico-chrétien, qui décrit les merveilles de l'Écriture et essaie (tant bien que mal) de concilier raison et révélation. Le premier grand penseur irlandais chrétien est Scot Erigène (IXe siècle), auteur d'une synthèse néoplatonicienne originale. L'Irlande vécut ensuite sous le joug normand et anglais. À compter de l'époque moderne, c'est le conflit entre les catholiques et les protestants qui domina la vie religieuse et politique. Nombre de penseurs étudiés par Duddy ne sont Irlandais que par la naissance ou la fortune, comme Robert Boyle. rationaliste, fonda la philosophie naturelle à la suite de Newton. Le second se moquait du premier dans ses immortelles Meditations upon a broomstick. Duddy, dans l'excellent chapitre qu'il consacre à Swift, en fait un irrationaliste conservateur. Je crois plutôt qu'il était un rationaliste déçu (rappelons-nous sa définition de l'homme : animal rationis capax). Coincé entre son anglicanisme conservateur et sa révolte anti-anglaise, entre raison et déraison, Swift est peut-être le penseur le plus inclassable, ce qui le rend si irlandais ! Duddy a raison de le rapprocher de Berkeley. Partisan de la doctrine de l'obéissance passive, ce dernier était également conservateur, et espérait aussi des prébendes du pouvoir britannique, qui ne vinrent jamais. Politiquement, le premier grand penseur irlandais est sûrement Molyneux, fameux pour sa discussion avec Locke sur la vision, mais surtout grand patriote. La figure de Toland, auquel Duddy consacre un chapitre, est également essentielle. Ce qui unit tous ces auteurs, c'est un dialogue le plus souvent hostile avec Locke, l'Anglais. Duddy étudie ensuite Hutcheson et Burke. J'avoue qu'à part le fait qu'il soit né en Irlande, je ne vois pas tellement l’irlandité du premier (peut-être est-ce son anti-égoïsme et son anti-hobbisme qui lui valent d'être ici). Burke en revanche a des similitudes avec Swift, par son opposition aux systèmes, et en particulier à celui des philosophes des Lumières. A partir de là, l'histoire racontée par Duddy devient moins lisible. La pensée irlandaise compte des penseurs utilitaristes, mais aussi anti-utilitaristes, des darwiniens et des anti-darwiniens, des rationalistes et des romantiques, et on est tenté de dire que la variété des courants reflète celle qui se produit en Angleterre. La clef de tout demeure le catholicisme irlandais. Il produit des esprits peu attirés par le matérialisme, penchant vers l'idéalisme, voire l'esthétisme (Wilde). Mais aussi des rationalistes. La raison, par définition, est partout la même. Mais celle des Irlandais est moins sèche que celle des Anglais : les premiers n'ont pas la morgue et l'insensibilité des seconds. Pourtant qu'ont de commun un philosophe comme John Wisdom, wittgensteinien attiré par la psychanalyse, et un philosophe cosmopolite comme Philip Pettit, fonctionnaliste en philosophie de l'esprit et républicaniste en philosophie politique ? La domination longtemps subie par les Irlandais leur donne le goût de la liberté et un patriotisme profond. Cela donne des penseurs radicaux et républicains. Les conflits religieux divisent les esprits entre révolte et soumission. Tout cela favorise l'exil. Ce qu'il y a de frappant chez tous ces penseurs, du XVIe siècle à nos jours, c'est combien ils bougent d'un pays à l'autre, et pas seulement vers l'Angleterre. Au total, la pensée irlandaise n'est pas tant faite de continuités que de familles d'esprit, promptes à l'exil physique comme à l'exil mental. L'exil mental, cela peut être la lit-térature (Joyce), mais c'est aussi, le plus souvent, la philosophie, qui n'est de nulle part. Il existait avant cet excellent livre bien des travaux de qualité sur l'histoire de la pensée en Irlande : mais c'est le premier, à ma connaissance, qui soit si systématique, si complet, et surtout qui mette l'accent sur les idées, les doctrines et les arguments plutôt que sur une vaporeuse « âme irlandaise ». Remarquablement informé, clair, bien écrit, il fera date.

 

Revue philosophique, n° 3/2004, p. 351 à p. 384

                                                    

https://www.youtube.com/watch?v=EG3AWg7n9ls

 

 



 

 

 

 

mercredi 3 juillet 2024

A humble proposal

 


HUMBLE PROPOSAL 

FOR REMOVING JONATHAN SWIFT’S BUST 

FROM THE LIBRARY OF TRINITY COLLEGE

A proposed Letter to the Editor, Irish Times

Sir ,

    In March 2023 the name of the philosopher George Berkeley (1685-1753) was removed from his association to the New Library of Trinity College Dublin in the light of his slave owning activities and of his defence of slavery[1]. This decision is to be enthusiastically applauded. That Berkeley’s deserves fame for his doctrine that matter does not exist is no excuse for the low moral standing of his American enterprises, which contrast with our most virtuous decisions to remove the statues of colonialists. However the parallel case of Jonathan Swift’s association with slavery seems to have gone unnoticed.

     Jonathan Swift (1667-1745) is also a famous name associated with Trinity College. Born in Ireland, he studied at Trinity from 1681 to 1688, although he received his degree only “by grace”. He achieved universal fame through his novel Gulliver’s Travels (1726). Swift was also a polemist reputed for his patriotic defence of the Irish people against the English colonial rule in his Drapier Letters. Indeed is a national hero.

      His reputation as a Hibernian patriot, however, is tarnished by the fact that as an Anglican priest he had no sympathy for “Irish Papists”, and always felt to be an Englishman, tied to Ireland only “by accident”. His attitude towards his Irish compatriots was ambiguous: on the one hand his epitaph in the Cathedral St Patrick says that he is a champion of liberty, feeling “savage indignation” against injustice, on the other hand he portrayed the Irish as "lazy," "ignorant," and "slavish”. The irony of his famous satirical text A Modest Proposal, which is often quoted as a proof of his deep sympathy for the miseries of the Irish people, is counterbalanced by the fact that many readers of Gulliver have recognised these very people in the wild Yahoos designed to be slaves of the rational Houyhnhnms. Just as Berkeley intended to convert to Christianism the slaves of his Rhode Island estate, Swift suggested that the Irish catholics should be “civilised” in English schools. It is also clear from his Directions to Servants  that the latter are meant also to be the Irish, servants of their colonial English masters. Moreover Swift was Berkeley’s friend, and helped him in his career.

      Swift manifested his commitment to English colonialism not only in print, but in his actions. As Dean of St Patrick he received land rents from his tenants like any other colonial and owed his deanery to services given to the English crown. These services included his participation in the Tory government of Robert Harley in the years 1710-1714, when as a polemicist he defended the peace treaty between England and France, which allowed the English to exploit the Asiento , namely the commerce of slaves in the South seas, which everyone at the time knew as a trade from Africa to the West Indies. He did not himself, unlike Berkeley, own slaves, but he benefited from their trade. Not only Swift publicly promoted this treaty, knew well what the Asiento was, he also invested in it.  In Roddy Doyle’s novel The commitments (1987) the Irish are jokingly referred to as “the niggers of Europe”. But for many of Swift’s Anglo-Irish contemporaries, this was no joke, but common parlance. One might argue that Swift was a satirist, and that satire involves joke. But this is no excuse to the Dean’s immoral behaviour.

      Last but not least, Swift is well known for his misogyny. His poems and his satires are full of manifestations of contempt for women, and of scorn towards the ladies who ventured to love him, Hesther Johnson (Stella) and Esther Vanhomrigh (Vanessa). Ironically the latter, devastated by Swift’s behaviour, died and in her will made George Berkeley the legatee of her fortune, a money which the latter used for his travel in America and his slave owning activities. So indirectly although unwittingly Swift is partly responsible for Berkeley ‘s colonial enterprises. I also presume that the Trinity students and governing bodies who have so wisely refused to include a bust of Simone de Beauvoir in the admirable Old Library of Trinity College because of accusations against her of “grooming” of sex partners [2] would not be happy to keep Swift’s bust in that Library, if only because of his attitude towards Stella and Vanessa.

       I therefore propose, modestly, that Trinity College remove the statue of Jonathan Swift from its gallery of honorable celebrities. The Dean has no place there besides Lady Lovelace or Mary Wollstonecraft. If, as the philosopher Berkeley says, esse est percipi, neither Swift nor himself deserve to be perceived in this place. I suggest also that Swift’s portrait should be removed from Marsh Library near St Patrick, and that a veil of ignorance be put on his epitaph. In further steps to reinstate a true sense of morality in this Republic, I also propose that all the theme parks bearing the name of Gulliver be de-named, that all advertising flagging Swift’s patriotism within Dublin be erased and that his image be replaced by that of a pop start with the same name, well known, unlike her namesake, for her ethical decency.

 

 


 https://www.tiliafilosofie.nl/podcast/episode/7c88029c/catherine-robb-is-taylor-swift-a-philosopher 


dimanche 2 avril 2023

TAGLIATESTA RIDES AGAIN


 

 

      
    

Un siècle après Gulliver, l’un de  ses neveux explore les îles de la Mer de Chine méridionale, et accoste d’abord sur l'île de l’Humanité, ou Royaume des fins, qui porte mal son nom, et sur Snocedednab, île entourée d’un nuage nauséabond qui a un rapport direct avec le goût des habitants pour la philosophie. Son exploration de l’île le conduit dans un étrange château  académique, puis dans des profondeurs infernales. Ce récit est celui de ce voyage au sein de la matière pensante.
 

 

                    Christophe Chomant 2023

 

Voir aussi sur ce blog


 

vendredi 31 mars 2023

PROPOSITION D’ATTRIBUTION DE BADGES AUX MANIFESTANTS

 

 






       Les récentes manifestations en France soulèvent des problèmes aussi bien pour les autorités que pour les citoyens de ce pays. Elles regroupent des individus dont on ignore souvent la provenance géographique et sociale au sujet de projets de loi ou de décisions variés sans qu’on sache très bien ce qu’ils rejettent et quelquefois approuvent, malgré les banderoles. A-t-on affaire à des militants politiques ? à des délinquants de banlieue ? à des radicaux violents? à des modérés ? A des adolescents et lycéens dont c’est la première manifestation ? A des demandeurs d’emploi ou à des salariés? A des demandeurs d’asile ? A des groupes venus de l’étranger désireux de se joindre aux désordres ? Toutes ces questions se posent non seulement pour les politiques et les forces de l’ordre que pour les journalistes et les sociologues. Elles donnent lieu à toutes sortes de spéculations, et surtout conduisent, dans les quartiers ou les lieux où se déroulent les manifestations, à des dégradations qui coûtent très cher aux municipalités, à l’Etat  et aux particuliers, qui voient quelquefois affluer à intervalles réguliers des masses de casseurs aux mêmes lieux et sur les mêmes parcours, sans parler des ordures qui s’accumulent dans nos rues quand la profession des éboueurs se joint à ces désordres en faisant ressembler nos cités à des bidonvilles de mégapoles.

       Pour avoir participé à de nombreuses commissions d’hygiène et de sécurité municipales et nationales, j’estime avoir suffisamment de connaissance de ce dossier pour proposer la solution suivante.

       Le principal problème posé par les déprédations urbaines est qu’elles sont produites, lors des manifestations, par des individus qui ne résident pas dans les quartiers où elles passent, et qui ne rencontreront, une fois passés, aucun des inconvénients que rencontreront les habitants de ces quartiers : vitrines brisées, mobilier urbain détruit, circulation rendue impossible, voies dévastées, voire habitations incendiées. Les commerçants qui voient passer, toujours sur les mêmes parcours, des dizaines de manifestations chaque année ont l’impression d’être pris en permanence en otages et ils sont rarement remboursés des dégâts. Aussi je propose que les manifestants, avant même chaque manifestation, se voient attribuer un badge indiquant leur lieu de résidence et leur région d’origine (mais pas leur identité, ce qui contreviendrait à la loi). Ce badge sera obligatoire, devra être visible, et son absence chez un manifestant donnera lieu immédiatement à une amende très élevée, ou à une arrestation immédiate. Ceux qui porteront ce badge hors de leur quartier de résidence seront, s’ils commettent des incivilités ou déprédations, punis plus sévèrement que ceux qui résident dans le quartier où ils les commettent, lesquels seront traités avec plus d’indulgence. Cette mesure aura de grands avantages. D’abord elle conduira les manifestants à manifester dans leur propre quartier, qui aura comme effet de limiter les grandes manifestations traversant les grandes villes, dont on sait que les centres ont une population moins dense. Indirectement, cela limitera le nombre des manifestants, qui même s’ils sont nombreux, seront répartis de manière plus équilibrée dans le territoire. Si par exemple dans une petite commune rurale il n’y a que deux ou trois individus désireux de manifester violemment, il y a peu de chances pour qu’ils échappent aux sanctions, et partant ils seront moins tentés de le faire. Ensuite, elle découragera les casseurs, qui sauront qu’on peut les identifier dans leur quartier, ce qui gênerait ensuite leurs démarches comme demandeurs d’emploi ou même comme mendiants et SDF, et savent qu’ils subiront directement les effets de leurs propres déprédations. Ajoutons que sur des populations moindres, le coût du maintien de l’ordre sera diminué. On se plaint des brutalités policières. Mais un policier sera moins tenté de tabasser s'il voit qu'un manifestant vient de son canton. Enfin, cette mesure écartera les manifestants étrangers, qui ne pourront disposer de ces badges. Ajoutons encore que les sociologues, qui peinent à obtenir des données pour leurs statistiques, seront en bien meilleure posture.

 


      Ces badges seraient aux couleurs des communes auxquelles les manifestants appartiennent, ce qui sans nul doute donnerait à ceux-ci un sentiment de fierté d’appartenir à un territoire qui contribuerait à réduire leur désir d’aller casser du flic, du mobilier urbain, ou répandre des ordures en dehors de leur quartier, ou, s’ils gardent l’intention de le faire, limiterait leur champ d’action. On pourrait même, pour encourager cette localisation des manifestations envisager des récompenses pour ceux qui acceptent de ne casser que près de chez eux. Dans les grandes villes les casseurs d’un arrondissement seraient moins tentés d’aller dans un autre, et les commerçants dont les magasins sont régulièrement détruits n’auraient affaire qu’à des casseurs, pour ainsi dire, de proximité. Les badges pourraient aussi être aux couleurs des diocèses, voire des régions militaires, ce qui ne pourrait que renforcer le respect de l’Eglise et de l’Armée, qui s’est perdu chez les manifestants. Les paroisses jadis avaient leurs pauvres, pourquoi n'auraient-elles pas leurs casseurs attitrés? Les étudiants, qui forment nombre des troupes de ces mouvements, pourraient arborer les badges de leurs universités ou écoles, ce qui ne manquerait pas de stimuler leur esprit de corps, si essentiel dans les crises actuelles qui se réclament d’identités sociales et culturelles parfaitement étrangères aux fins de l’éducation.


      On se plaint régulièrement du déficit de la démocratie en France et du taux d’abstention dans les élections. Il est souvent dû au fait que les citoyens ne perçoivent pas les enjeux nationaux. Un retour au niveau local, à l’appartenance aux territoires, même manifesté dans les dégradations de bâtiment urbains et de voies de circulation, ne peut manquer de renforcer la démocratie de proximité. Si chaque quartier ou commune a ses propres casseurs attitrés, n’est -ce pas déjà un pas vers la responsabilisation et le vote ?

    On pourrait aussi penser que cette proposition n’a de valeur que répressive, et qu’elle ne sert que les intérêts de l’Etat, de la Police et des classes dirigeantes, qui paniquent, tout autant qu’aux siècles passés, face à la dangerosité des classes laborieuses. Ce serait une erreur calamiteuse. Au contraire, personne ne doute que si les gens manifestent, c’est pour de bonnes raisons, que les riches n’ont pas, et que leur indiquait jadis Baudelaire avec son slogan « Assommons les pauvres ». Assommés, les pauvres réagiront, bien plus efficacement au niveau local qu’au niveau national et international, où leurs révoltes seront exploitées par toutes sortes de forces qui prétendent les représenter, y compris par des causes soi-disant globales.

       Je me flatte d’avoir l’oreille d’un député de ma circonscription. Je lui soumettrai cette motion pour qu’il l’appuie à la Chambre.

       Tribulat Bienommé, citoyen