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vendredi 29 août 2025

Rastapopoulos apprivoisé

 

Coke en stock

The Phoenician Scheme est un ciné-album de Tintin dans lequel Rastapopoulos tiendrait le premier rôle et s’amenderait moralement.

Zsa-Zsa Korda, ici incarné par Benicio del Toro, est un tycoon avec des valises sous les yeux qui lui donnent l’air las, marié de nombreuses fois (comme Zsa-Zsa Gabor), qui monte des affaires louches qui lui valent d’être sans cesse victime des tentatives d’assassinat de ses rivaux de la finance, qu’on voit comploter comme les généraux dans Dr Folamour.

 

 

Zsa Zsa Gabor

 

Une fois de plus, son avion est bombardé, son secrétaire et son pilote éjectés, et Zsa Zsa se retrouve dans un champ de maïs sans avoir pu reprendre le contrôle de l’appareil. Il a une expérience de mort imminente dans un flash en noir et blanc où il aborde un paradis dont le Saint Pierre est Willem Dafoe. Il récupère dans son palais italien du seizième siècle, où il convoque sa fille aînée Liesl, qui a dix frères d’autres lits, et qui se trouve être une nonne fière et volontaire, dont la foi est chevillée au corps. Jouée par Mia Threapleton, elle ressemble, même si elle est plus boulotte, à Anna Karina dans La religieuse de Jacques Rivette. Zsa-Zsa propose à Liesl, tout en gardant 5% des profits, d’être légataire de son projet pharaonique, qui doit voir le jour dans une Phénicie imaginaire, avec un tunnel, un canal, un chemin de fer et un étang au milieu du désert mais qui ne peut voir le jour qu’en faisant travailler des 

On (en tous cas le lecteur d’Hergé) songe tout de suite aux combines de Rastapopoulos dans Coke en stock. Zsa Zsa a un nouveau secrétaire, un soi-disant norvégien entomologiste blond (Michael Cera), qui les accompagne dans ses démarches vers un Proche-Orient aux allures de Crabe aux pinces d’or et de Tintin au pays de l’or noir, et il doit passer une série d’épreuves pour mener à bien son projet. Toutes sont annoncées dans des boîtes de chaussures comme les coffrets du Marchand de Venise. Avec un Prince Farouk sorti du désert dans une Rolls blanche il affronte dans une mine souterraine deux Américains (Tom Hanks and Bryan Cranston) dans un pari sur des tirs au basket ball, reçoit une balle dans le ventre au cours d’un hold up mené par des guérilleros pseudo-castristes, à la place de Marseille Bob, un escroc français sorti de Pépé le Moko, joué par un Mathieu Amalric coiffé d’un fez, négocie avec un gangster joué par Jeffrey Wright pendant que celui-ci lui fait une transfusion sanguine.

 


 

Plus les épisodes loufoques s’accumulent à la manière des chapitres d’Alice au pays de merveilles, plus Zsa-Zsa a des visions prospectives de sa visite au paradis, jusqu’à affronter Bill Murray en Dieu barbu et croiser une Charlotte Gainsbourg ravie d’être au casting.  Pour sauver une dernière fois sa mise et son schème, Korda essaie d’épouser sa cousine, qui se trouve être Scarlett Johansson habillée en kibboutzin. 

 


 

Quels que soient le brio et le génie du décor qui se manifestent dans cette rafale de rencontres, ils n’éclipsent pas l’intrigue centrale : Liesl se défie de Zsa-Za parce qu’elle a entendu la rumeur qu’il aurait tué sa mère. Ce dernier nie, et accuse son demi-frère, l’Oncle Nubar. Une fois la maquette du schème phénicien révélée, laquelle ressemble à la machine à musique dévoilée par Dalio dans La règle du jeu, a lieu la confrontation finale et farcesque entre Zsa-Zsa et Nubar, joué par un Benedict Cumberbatch costumé en Raspoutine bleuté. Zsa-échappe une dernière fois à une noyade dans un marécage grâce à son norvégien de secrétaire, qui est en fait un espion des banquiers, et qui en profite pour déclarer sa flamme à Liesl. Ruiné, le magnat n’a plus qu’à tenir un restaurant avec sa fille retrouvée, qui a épousé l’espion et ne songe plus à son noviciat, car après avoir fumé une pipe en maïs, elle en fume une incrustée de pierres précieuses

On aura reconnu un film de Wes Anderson. Une fois encore, on admirera son génie du décor, son art de la parodie et de l’auto-parodie, à présent bien huilé par une troupe de techniciens et de costumiers qui fait penser aux ateliers des peintres ou des couturiers.

Le cinéphile ne manquera pas de repérer, à travers l’esthétique années trente des architectures, les clins d’œil : à Welles pour Citizen Kane et Mr Arkadin, à Preston Sturges (auquel Zsa Zsa ressemble étonnamment, avec sa petite moustache) pour les voyages de Sullivan d’un tycoon désabusé et à tant d’autres. Une fois encore les fans du Texan collectionneront les goodies andersoniens (comme ce printemps à la Cinémathèque française, qui lui a consacré une exposition bric à brac), et adoreront jouer avec ses fétiches.

Mais aussi bien ceux qui trouveront ce film ennuyeux dans son défilé virtuose de marionnettes, que ceux qui le diront plus génial et rigolo que les précédents par son style cartoonesque, se tromperont lourdement.  The Phoenician scheme s’adresse à des sujets sérieux, et si le style andersonien se prête mal à l’allégorie et au message, on ne peut s’empêcher de penser que le thème du milliardaire sans scrupules qui bâtit un empire technologique et multiplie les deals renvoie à des figures contemporaines immédiatement reconnaissables, même si Zsa-Zsa est plus sympathique qu’elles. Mais surtout on comprendra vite que les visites que fait Zsa-Zsa au paradis et les incitations que lui adresse Liesl à purifier son âme par la prière sont au centre de sa recherche de la rédemption, même si la Nonne aussi fait des deals.

Le message n’est pas nouveau et était déjà dans Lubitsch : Heaven can wait. Le puritanisme d’Anderson, qu’il hérite des maîtres de la littérature américaine comme Hawthorne et Melville, est aussi présent ici que dans tous ses films. C’est, peut être autant que celui de Renoir et de Bresson, un cinéma éthique. On dira : comment le comique en apparence post-moderniste d’Anderson peut-il se marier à un message moral ? Ce n’est pas impossible, si l’on songe chez les cinéastes à Bruno Dumont, capable d’être aussi déjanté qu’Anderson, et chez les écrivains à Mark Twain et J.D Salinger qui l’inspirent en permanence. Sans compter, donc, Hergé


pascal engel Contreligne, 19 Juin 2025

 

 

Le procès de Rastapopoulos

 

lundi 29 avril 2024

ASTEROÏDE BIZARROÏDE

 

Johnny Duncan & His Blue Grass Boys – Last Train To San Fernando (Vinyl) -  Discogs
Last train to San fernando

paru dans Contreligne, 30 juin 23

Version longue, pour la version publiée, voir

https://www.contreligne.eu/2023/06/meteorite-wes-anderson-film-asteroid-city-usa-pascal-enger/

Wes Anderson, Asteroid City

 

        Il est probable que ceux qui, voyant la bande annonce d’Asteroid City, se seraient  attendus à ce que Wes Anderson, après avoir réalisé le très curieux French Dispatch, fasse un mélodrame romantique à la manière d’A l’est d’Eden, un drame à la manière des Misfits ou de Paris Texas, un western spaghetti dans le style Pour une poignée de dollars, une parodie de film pulp de science-fiction dans le genre de Mars Attacks, une comédie du désert comme Bagdad café , voire un dessin animé de Bip Bip dans le style de ses films d’animation comme Fantastic Mr Fox, seront déçus. Pourtant il y a dans Asteroid City des ingrédients et des réminiscences de tous ces films, mais dans le style typique andersonien : plans fixes et symétriques, couleurs pastel à la Sirk ou à la Demy, avec une prédilection pour le jaune et le rose bonbon, goût pour les costumes, maniérisme des détails loufoques, décors de maquettes pour théâtre de marionnettes et allusions cinéphiliques pour afficionados. Les mêmes ronchons qui ne regardent plus les films d’Anderson que d’un œil d’ennui blasé pour réviser son répertoire de gimmicks et de coqs à l’âne ou les refourbir dans des parodies sur Utube, des défilés de mode hipster ou les décors de café, comme le Bar Luce à Milan qu’il a, comme on dit, designé, auront l’impression que le compatriote de Tex Avery ne fait que se répéter.

     Ils se tromperont lourdement. Certes, Asteroid City est quintessentiellement andersonien : tout comme Rushmore, The Royal Tenenbaums, The Darjelling limited, the life Aquatic, et Moonrise Kingdom, Grand Budapest Hotel, Island of Dogs, il se déroule dans un lieu clos (collège, train, bateau, maison sur une île, palace assiégé, décharge sur une île), où les personnages se retrouvent pris au piège et cherchent à s’échapper. Tout comme Moonrise kingdom et les films en stop motion d’Anderson, c’est un film où il y a beaucoup d’enfants et d’ados, tous aussi déjantés que les adultes qui les entourent. Tout comme dans les autres films du cinéaste, ces enfants sont en mal d’amour, face à des adultes incapables de s’occuper d’eux et de s’occuper d’eux mêmes.  Tout comme les autres films, celui-ci contient force clins d’œil et références, et bénéficie d’ un casting époustouflant, réunissant tous les usual suspects de l’équipe d’Anderson, comme Jason Schwartzman, Willem Dafoe, Tilda Swinton et Edward Norton, et de fraîches recrues comme Tom Hanks et Scarlett Johansson.  Mais pourquoi s’en plaindrait-on, alors que pratiquement tous les films de Hollywood des années 50, époque durant laquelle se déroule le film, sont des puits à citations, tout comme les films de la Nouvelle vague que révère le Texan ? Ce dernier réussit pourtant à se renouveler, tout en conservant sa panoplie.

      Il le fait d’abord par la dramaturgie : le film auquel on assiste est un en fait un film au sein d’une pièce de théâtre filmée pour la télévision par un metteur en scène au tee-shirt brandoesque (Adrian Brody) , introduite par  un présentateur (Bill Cranston) au style très fifties, et écrite par un écrivain en robe de chambre (Edward Norton) (dispositif qui rappelle celui du pseudo-Stefan Zweig du Grand Budapest Hotel), et les personnages du film sont en réalité en train de répéter le rôle qu’ils vont y jouer, y compris, pour l’actrice principale Scarlett Johansson, qui incarne une actrice, Midge Campbell, sorte de Marilyn Monroe brune bourrée de pilules qui révise son rôle de dépressive prête à se suicider dans sa baignoire. Mais on réalise à la fin du film que tous les acteurs sont des élèves d’un Actor’s studio où officie une sorte de Lee Strasberg , joué par Willem Dafoe. Nous sommes donc dès le départ dans Limelight et All about Eve, le tout relayé par des clins d’œil au Carrosse d’or, à La nuit américaine ou à nombre de films de Godard, qui fonctionnent sur le même principe du théâtre dans le théâtre et du film dans le film.

      Quant à l’histoire-dans-l’histoire elle-même, elle est du pur Anderson-Roman Coppola (son co-scénariste constant). Elle est supposée se passer en 1955, dans une pseudo ville, Asteroid city, ainsi nommée car un astéroïde s’y est jadis écrasé en laissant un cratère géant, dans un désert arizono-nevadesque en carton-pâte, souvent ébranlé par des explosions atomiques en toc, avec des mesas vaguement monument valleyesques, et traversé par des road-runners sortis des cartoons de Bip-Bip .  La scénographie du désert est elle-même celle des cartoons, avec des scénettes qui se succèdent. Y débarquent, à la suite de la mort mécanique de leur station wagon, un photographe de guerre barbu et pipu, Augie Steenbeck (Jason Schwartzmann) – seul un i le distingue de l’auteur d’A l’est d’Eden- accompagné de ses enfants, trois petites filles blondes très cute, et « épiscopaliennes »,  ainsi  qu’un garçon surdoué au gros nez, Woodrow (Jake Ryan). Le père transporte, apprend-on très vite, les cendres de sa femme dans un tupperware, mais ses enfants ne le savent pas encore. Ils seront rejoints par un beau-père golfeur, Zak (Tom Hanks), en pantalon à carreaux ridicule, qui rappelle celui de Bill Murray dans Moonrise Kingdom. Midge Campbell, qui tape dans l’œil de Steenbeck, débarque avec sa fille grassouillette Dinah (Grace Edwards), qui va taper dans l’œil de Woodrow. Ils s’installent dans un motel dirigé par un directeur à chemise vert pomme portant une visière vert pomme, qui a installé un distributeur automatique où l’on peut acheter, outre des martinis, des lopins de terre du désert pour 10 dollars. Plusieurs autres  protagonistes sortent de grosses bagnoles américaines et viennent stationner dans les bungalows. La "ville" devient vite animée par une convention de junior stargazers, dont la plupart sont des surdoués amateurs de jeux intellectuels, et dont une délégation est menée par une jolie institutrice tout en jaune - ce qui doit alerter les Andersoniens -  June Douglas (Maya Hawke) , et subit l’intrusion de l’armée, dirigée par un général d’opérette très poète (Jeffrey Wright). Quand toute cette troupe se réunit dans une sorte de théâtre en plein air pour organiser nuitamment un spectacle autour de l’astéroïde et de la venue potentielle d’extraterrestres, organisé par une scientifique dingue d’aliens, sorte de Carl Sagan femelle (Tilda Swinton). Ce qui devait arriver arrive : une soucoupe volante se pointe, et on assiste à une rencontre du troisième type, avec un alien longiligne (Joeff Goldblum), comme dans le film éponyme de Spielberg dans lequel jouait Truffaut et où Richard Dreyfus ressemblait à Zak. Là-dessus l’armée décrète une quarantaine, ou plutôt un confinement, à la faveur duquel se noue une intrigue amoureuse entre le photographe Steenbeck et la star Midge, dont les bungalows voisins se font face. Tous deux, qui veuf, qui divorcée, échangent leurs solitudes, et de plus en plus, via l’intrigue parallèle dans l’Actor ‘s studio, leurs angoisses d’acteurs. 

  Asteroid City' Screenplay: Read Anderson And Roman Coppola's Script

       La banalité du mauvais scenario, que l’on a reproché à Anderson dans ce film – vague histoire dans le style Rencontres du troisième type -  devrait alerter. Que peut bien raconter un film au scénario vide, avec des acteurs qui ne semblent s’illustrer que par des détails incongrus ou grotesques (la fille de Midge est parfaitement physiquement dissymétrique à côté du physique de star de la mère, le fils de Steenbeck a un nez disproportionné, l’alien ressemble à un Giacometti, le tenancier du motel n’a l’air d’être là que pour illustrer sa visière verte, pourquoi obtient-on des martinis dry dans un distributeur ?).

 

 On a reproché à Anderson son style collector : il accumule les stars même dans des rôles de figuration (Tom Hanks, Scarlett Johansson, Tilda Swinton, Adrien Brody, Edward Norton, Mat Dillon, Jeff Goldblum et même Margot Robbie- Barbie dans une courte scène en noir et blanc). La plupart de ces personnages ne participent à l’action que comme des marionnettes, et ils sont posés là comme les cactus dans le désert). Comme dans d’autres films d’Anderson on cherche à décoder les signes. Le côté statique de l’histoire du désert contraste avec l’histoire en noir et blanc, où l’action véritable a lieu : c’est celle de personnages pirandelliens en quête d’auteur, manipulés par le maître de l’Actor’s studio, dont la doctrine fameuse est que l’acteur doit se mettre dans une sorte transe pour incarner  son personnage. L’histoire de Augie Steenbeck et de Midge Campbell converge quand ils sont dans la classe de Saltzburg Keitel , et quand Augie est confronté au fantôme de sa défunte épouse (qui apparaît dans le film en noir et blanc, pas dans celui en couleurs). Mais tout le film semble mettre en scène une question : qu’est-ce que je pourrais bien raconter ? Tout le film semble, comme le dit très bien Michael Wood  (London review of books, 13.07.23) un rêve, ou une idée.( https://www.lrb.co.uk/the-paper/v45/n14/michael-wood/at-the-movies)

 

 

Asteroid City: il significato delle scene in bianco e nero
la dernière scène

 

     On reproche à Anderson de ne nous donner que des films glacés, dépourvus d’émotion, qui ressemblent à des catalogues de mode, et abusant du marionnettisme et des décors de maison de poupée. En fait c’est faux. Tous ses personnages, derrière les décors statiques et les plans de face, sont passionnés et violemment émotifs, aussi bien les enfants, comme Suzy et Sam dans Moonrise, Max dans Rushmore, ou les membres de la famille Tenenbaum, que les adultes. Certes des personnages comme ceux incarnés par Bill Murray (ici absent du film) donnent souvent l’air de vivre dans un exil émotionnel, contemplant le passing show. Mais en fait, ils enragent, comme ici Steenbeck-Jason Swartzman qui face à Midge pose calmement sa main sur un moule à gaufres brûlant. Midge-Scarlett Johansson a bien de la difficulté, comme actrice jouant le rôle d’une actrice, à contrôler ses sentiments, et c’est bien justement la leçon que leur donne le pseudo Lee Strasberg joué par Dafoe : essayez d’être comme Marlon Brando dans On the Water front. Tous ces personnages sont coincés dans des prisons, comme dans Moonrise dans une île, dans Aquatic life dans un bathyscaphe, ici dans un désert absurde, comme si Antonioni donnait dans le genre comique (la chanson last train to san fernando indique qu'on est dans un dead end). Les enfants surdoués du film ont des interrogations métaphysiques : la vie a-elle un sens ? Dieu existe-t-il ? Ils connaissent les noms de Gödel et de Lord Kelvin, le Cercle de Vienne, quand il s’agit de faire un quiz. Comme nous ils se demandent comment s’en sortir. L’intellectualiste Anderson, bardé de citations filmiques et de références philosophiques, est en fait un sentimental et un moraliste.

    Le spectateur trop pressé de considérer ce film comme une répétition pesante des clichés andersoniens en s’attardant seulement aux aspect hipe – en effet agaçants – du réalisateur dandy de pubs et d’expositions branchées qu’est devenu le Texan - aurait tort aussi de ne pas s’attacher à des éléments qui ne se révèlent que si l’on considère la filmographie d’ensemble de l’auteur. Il n’échappe à quiconque se souvent des autres films d’Anderson que Jason Schwartzman, vieux complice du réalisateur, est aussi le héros de Rushmore et de A bord du Darjelling Limited, et qu’il est un peu son double.      Le personnage de Max Fischer dans Rushmore était alors un adolescent difficile, découvrant l’amour, et s’essayant à monter des pièces de théâtre. On le retrouve ici en photographe dans le film dans le film, et en acteur jouant ce rôle dans le film dans le film. Il a pris une vingtaine d’années et il est devenu adulte, et il a l’air déprimé. C’est lui qui se demande à quoi tout cela rime.

      Toute personne ayant traversé le Mojave Desert et voyagé en Arizona, ayant trois petites filles, ayant vu et apprécié les autres films d’Anderson et ayant une culture cinématographique minimale, aimera ce film, qui est comme tous ceux de leur auteur, une météorite indéchiffrable et familière : calme bloc, ici-bas chu d'un désastre obscur.

 

 

 


 

 voir aussi  

https://www.vanityfair.com/hollywood/wes-anderson-asteroid-city-shot-list-cinematography-awards-insider