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dimanche 15 décembre 2013

FNAC et FARC







                                         Mujer leyendo , Museo Botero, Bogotá




                                    libreria  Siglo del Hombre, Carrera 5, Bogotá



         Il y a de nombreuses raisons de désespérer de l’avenir des livres, de la lecture et du savoir livresque. Mais il y a aussi des raisons d’espérer. Il est intéressant, notamment, de voir que dans les pays de langue espagnole et portugaise, les librairies se portent encore bien. Les grandes librairies sont bien fournies et très agréables. A Madrid  par exemple la Casa del libro sur la Gran Via,  ou la librairie Siglo del Hombre du Centre Culturel Gabriel Garcia Marquez de Bogota par exemple. Quand elles sont plus petites, elles sont encore plus sympathiques.  Est-ce parce que je suis moins familier avec la production en espagnol et en portugais que j’ai l’ impression que le livre en Espagne et en Amérique du Sud se porte mieux qu’ en France ,où les FNAC ont définitivement décidé de rendre leur offre livresque  plus faible que celle de leurs rayons informatiques et DVD? Est-ce que cela n 'aurait pas à voir par hasard avec le fait qu' internet est moins puissant et répandu  en Colombie ( mais même les FARC ont leur site internet)?  Est-ce parce que je désespère de la production française ? C’est sans doute une illusion car au rayon philo de toutes ces librairies, ce sont les Obras Completas de Michel Onfray, ou les œuvres choisies de Rancière qui prennent presque toutes étagères. Mais aussi, en Colombie surtout, les ouvrages marxistes. La guerilla n’est pas loin. Mais peut-être cela peut-il nous inciter à mener une guerilla pour les livres aussi ? A monter notre  Front Antinumérique Révolutionnaire et Citoyen (FARC) ? 





                                                   Botero Natura morta con libros

19 commentaires:

  1. Plût au ciel que ces "Obras" fussent "completas" ! Mais Onfray n'a pas dit son dernier mot et semble encore loin de son dernier livre, qu'on le déplore ou non.

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  2. Que l'on ose brûler tous les livres et leurs cendres feront un beau terreau!
    Jean de Veista

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  3. Mauvais jeu de mots, j'en conviens, d' un style " bel esprit " que par ailleurs vous fustigez.

    Jean de Veista

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  4. le bel esprit n'est pas un auteur de calembours, et j'adore iceux. Alphonse Allais n'était pas un bel esprit. Le bel esprit est celui qui méprise la vérité. Alphonse quant à lui, allait. Et me va

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  5. La FNAC en Espagne a en tout cas la même politique que la FNAC en France. Quant aux librairies , elles vendent parmi d'autres endroits à Barcelone (et à Madrid, je le suppose) des ouvrages dans d'autres langues que le castillan et catalan : par exemple à la libreria Central qui a plusieurs magasins répartis dans la ville, on trouve des ouvrages en anglais et en français en grand nombre en philosophie, mais aussi en histoire et sciences humaines.
    Ceci dit, je ne sais pas si on peut les dire mieux fournies, j'en doute si les compare par exemple à la librairie Sauramps à Montpellier ou aux Ombres Blanches à Toulouse. Je n'ai jamais pu trouver par exemple à Madrid une librairie comparable à Gibert du boulevard Saint-Michel.

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  6. Je ne connais pas assez les librairies madrilènes, mais bien sûr les meilleures librairies européennes vendent en plusieurs langues. Malheureusement pas beaucoup en France, où je regrette toujours la librairie qui était à côté de la statue de Diderot il y a une vingtaine d'annéessur le Bd St Germain, et où on trouvait d'excellents rayons en espagnol, allemand, et bien sûr anglais. quel plaisir de passer d'un rayon à l'autre. J'ai beau browser sur internet je ne retrouve plus cette sensation eropéenne à la Settembrini. Je me sens de plus en plus dans mon coin isolé de la cybersphère. Ombres blanches et Sauramps sont l'honneur du métier. Gibert , j'y vais par défaut, la connaissant sans doute trop bien. Mais cet après midi , j'ai trovué une traduction française de l 'excellent Ramon Gomez de la Serna, dont les Obras Completas étaient à Madrid sur la Gran Via. Champagne!

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  7. Une définition possible du bel esprit : ces lignes toujours actuelles de La Bruyère

    "C'est en un mot un composé du pédant et du précieux, fait pour être admiré de la bourgeoisie et de la province, en qui on n'aperçoit rien de grand que l'opinion qu'il a de lui-même"

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  8. Merci, je concours. Mais cette définition ne peut s'appliquer à ce que semble entendre Mr de Veista par "bel esprit", qui semble confiné au calembour et au style yau de poële, que je prise par ailleurs , étant un admirateur d'Allais ( Alphone comme Maurice)

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  9. Il faut ajouter ceci :

    " soit qu'il parle ou qu'il écrive, il ne doit pas être soupçonné d'avoir en vue ni le vrai ni le faux, ni le raisonnable ni le ridicule : il évite uniquement de donner dans le sens des autres, et d'être de l'avis de quelqu'un ; aussi attend-il dans un cercle que chacun se soit expliqué sur le sujet qui s'est offert, ou souvent qu'il a amené lui-même, pour dire dogmatiquement des choses toutes nouvelles, mais à son gré décisives et sans réplique."

    Je fais l'hypothèse que le bel esprit doit être une des causes de la mauvaise philosophie et je mets en doute votre idée que le bel esprit ne fait pas de calembours. Pourquoi dans la typologie des calembours ne pas admettre le calembour du bel esprit qui aurait comme seul but d'étonner et comme propriété de ne contribuer en rien à la connaissance alors que du calembour bien fait émane une odeur de réalité, à défaut de sainteté ?

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  10. Merci de cette référence. J'aurais du la donner quand j'ai parlé de ces matières dans mon livre sur Benda.
    Je n'ai pas dit que le bel esprit ne fait pas de calembours, mais que la production de calembour n'est pas le trait essentiel du bel esprit. Cependant si vous dites que le bel esprit est ce que l'on appelle un blagueur, quelqu'un qui réduit son activité à faire des blagues, ou ce que Swift appelait la bagatelle, est un bel esprit. Maintenant la question difficile est : pourquoi, parmi les blagueurs certains sont de plus haute qualité que d'autres? Pourquoi Allais ( Alphonse ) ou Dac (Pierre) sont ils meilleurs que Onfray (Michel) et alii ? Il n devrait pas y avoir de distinctions au sein des blagueurs à la différence de ce qui se passe dans le domaine des gens sérieux: on est plus ou moins sérieux, mais si on blague, déconne, ou bullshitte, alors on y est en plein Il y a des blagueurs qui ne font pas rire, ou qui sont moins distingués que d'autres. Mais c'est très subjectif.

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  11. La question que vous posez est en effet bien difficile. Mais il me semble qu'on peut blaguer à moitié (ça pourrait signifier ou bien dire la vérité ou en tout cas prétendre la dire en faisant rire). Si on me dit "c'est à moitié une blague", je ne dois pas en conclure "alors ce n'est pas une blague".Quand Louis-Philippe répond à Talleyrand mourant et qui se lamente de souffrir "comme un damné" "déjà", ne blague-t-il pas à moitié, n'est-il pas à moitié sérieux ? En plus, blaguer est-ce toujours bullshitter, dire des conneries ? Le condamné à mort qui devant être exécuté un lundi et qui s'exclame "La semaine commence bien" dit-il n'importe quoi ? Une bonne partie de l'humour n'apporte-t-elle pas un éclairage surprenant mais pas stupide qui relativise le catastrophique et qui manifeste une force ? Autant de propriétés qu'on n'est pas porté à attribuer au bullshiter en général.
    Il me semble que certaines blagues au moins ont un pouvoir de connaissance ou en tout cas de libération par rapport aux manières ordinaires de juger les gens et les situations

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    1. http://www.fabula.org/atelier.php?Le_deni_du_calembour

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    2. Autant dire, à ce compte qu'il y a aussi un calembour dans la première phrase de l'Education sentimentale :

      "Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin,
      la Ville−de−Montereau, près de partir, fumait à gros
      tourbillons devant le quai Saint−Bernard"

      "Montereau" = monte rot

      les rots nous montent à la gorge.

      Et de bâtir une lecture du roman là dessus, comme jadis Serge Leclaire avait sur un patient qui parlait du port de Dajakarta, élaboré sa psychanalyse sur le calembour "ce port de Jacques" !

      Non désolé, ce n'est ce que j'appelle un calembour .

      Pour moi le calambur c'est Polyeucte I, 1, 48 , ou Alphonse Allais :

      "Il rentra chez lui il vit le lit vide, il le devint aussi"

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  12. " du calembour bien fait émane une odeur de réalité, à défaut de sainteté ? " Philalethe18 décembre 2013 12:57

    N' en va t-il pas de même du camembert, monsieur le philosophe?
    Rappelez-vous le fameux chaussée aux moines de la publicité!
    Jean de Veista

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  13. http://confreriedusapeur.fr/sapeur.php

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  14. Bien qu'il y ait des excellentes maisons d'édition dans le monde hispanophone, les excellents livres desdites maisons sont impossibles de trouver dans la même ville de la maison d'édition !!! (Cela est sans doute lié à la mauvaise logistique des pays de l'Amérique). Donc, je lis avec étonnement votre texte. Je ne comprends pas pourquoi penser que les librairies dans le monde hispanophone ou portugais se portent mieux qu'en France. J'avoue que Fnac n'est pas la meilleure librairie mais dans toutes les villes on arrive toujours a en trouver une de qualité.

    Cependant le numérique est une voie possible pour le monde hispanophone. En absence de l'argent d'une grosse maison d'édition et en absence d'une logistique qui permettrait vivre correctement le monde du livre dans tout le monde hispanophone, le livre numérique est plutôt une bonne idée.

    Donc les FARC (Front Antinumérique Révolutionnaire et Citoyen) feront le même mal que les Farc colombiennes (Forces armées révolutionnaires de la Colombie) au peuple - dans le cas du livre numérique-.

    P.S: Je comprends parfaitement votre position sur les Moocs mais je ne comprends pas si vous êtes ennemis du livre numérique et si vous l'êtes pourquoi?

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  15. Merci de ce commentaire. Vous avez sûrement une meilleure expérience que moi des librairies hispanophones et lusophones. Et tout dépend en effet de ce qu'on en attend. Je notais seulement que dans mes voyages ces dernières années en Amérique Latine et en Péninsule Ibérique, je trouvais les librairies plus agréables, mieux fournies, plus conformes à l'image de ce que j'attends d'une libraire. il est vrai que je me retrouve aussi en Allemagne, le paradis de ceux qui aiment encore les livres. les FNAC sauvent encore quelques meubles, mais de moins en moins, car elles sont soucieuses de vendre surtout des produits informatiques, des CD, des spectacles, etc. A côté, les librairies sud américaines font pâle figure en effet. Mais justement c'est leur univers uniquement livresque qui me plaît!
    Sans cela, tout dépend de ce que l'on appelle un livre . Vous auez remarqué que de nos jours le dernier essai d'homme politique ou mémoires d'actrice compte comme un "livre", de même que les BD, et en gros tout ce qui est sur papier. Je n'ai rien contre le fait de faire passer sur numérique : a) les encyclopédies b) les best sellers , c) les essais politiques dont la vie ne dépasse pas, même à la conception, plus de trois mois, d) les revues scientifiques, e ) certaines BD , f) les guides de voyage, g) les ouvrages techniques, h) les manuels. Mais désolé, si je veux passer du temps sur un roman, sur un classique, ou sur un essai, je trouve que le livre papier, ancienne manière, avec son temps de lecture, la relation physique avec les pages, etc. demeure le bon format

    Je trouve que Vincent exagère un peu, mais je ne suis pas si loin de son point de vue selon lequel tout ne se prête pas au numérique :


    http://www.contreligne.eu/2014/02/les-e-books-ont-ils-une-ame/

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  16. J'approuve aussi le point de vue de Vincent Kaufmann mais qui aujourd'hui accepte de prendre au sérieux une hiérarchisation des livres en termes de valeur ? Hiérarchiser, c'est refuser le pluralisme, entend-on.

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