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| Marches d'Odessa |
L’autre côté, N°5, octobre 2025
Le cardinal Newman, bien qu’il fût un homme d’Eglise, est sans doute l’un de ceux qui ont le mieux exposé ce que doit être une université : un lieu où l’on poursuit librement la connaissance pour elle-même, sans finalité professionnelle directe, et où l’on enseigne en vue de former des individus autonomes. C’était en 1852, dans son classique The Idea of a University[1]. Un siècle plus tard, le philosophe allemand Karl Jaspers formule le même idéal :
L'Université est une communauté de savants et d'étudiants engagés dans la recherche de la vérité. C'est un corps qui administre ses propres affaires, quelle que soit l'origine de ses ressources et quelle que soit la nature de l'acte dont elle tire son origine. Comme l'Église, elle tire son autonomie – que l'État lui-même respecte – d'une idée, en l'espèce celle impérissable et universelle, de la liberté académique. C'est ce que l'Université demande et c'est ce qui doit lui être garanti. La liberté académique est un privilège qui entraîne l'obligation d'enseigner la vérité, et le devoir de tenir à l'écart tous ceux qui – à l'extérieur de l'Université ou dans l'Université – veulent dissimuler la vérité ou empêcher son expression [2].
Le moins que l’on puisse dire est que cet idéal n'a plus cours, et même qu’il est devenu parfaitement désuet. Presque tous les établissements qui, dans le monde, se donnent le nom d’« université » ont peut-être encore à leur fronton des devises latines où figurent fièrement des termes comme « veritas » et « scientia », mais l’idée que la connaissance serait une valeur intrinsèque détachée de tout objectif économique et social et poursuivie en toute autonomie est devenue incompréhensible, même dans les instituts richement dotés abritant de « purs » chercheurs qui fleurissent à côté des universités. Il suffit de voir ce que sont aujourd’hui les lieux physiques qu’occupent les universités : leurs bâtiments high tech ressemblent bien plus à ceux qu’on trouve dans les banlieues industrielles et les centres d’affaires qu’aux bibliothèques et aux lecture halls imités de temples grecs qui dominaient jadis les palais universitaires au milieu de parcs verdoyants. La nature et la fonction de l’université a profondément changé. Elle n’est plus le lieu de production d’un savoir libéral par des individus libres. Elle fait partie d’une « économie de la connaissance », qui stimule des applications techniques et des industries, et dans laquelle les firmes investissent, sur un marché qui est à la fois contrôlé par des entreprises privées et par les gouvernements qui en font les instruments de leur politique (militaire, industrielle, et de plus en plus numérique). Pour user du jargon des administrateurs, il n’y a plus d’universités mais des « écosystèmes universitaires »[3].
Il reste bien encore, dans quelques grandes cités européennes, des vestiges des universités médiévales ou de belles architectures issues de la glorieuse période des universités allemandes, mais la plupart du temps elles n’abritent plus que les administrations, qui seules sont restées dépositaires des pouvoirs universitaires, les masses estudiantines étant reléguées le plus souvent dans des périphéries. Les lieux physiques des universités se sont transportés dans l’espace virtuel des plateformes, des sites internet et des séances sur zoom qui tendent à remplacer les amphis et les salles de classe. Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’il y ait un marché de la formation et de la recherche, où les enseignants, les chercheurs et surtout leurs administrateurs tendent à se considérer comme des entrepreneurs, sans cesse à l’affût de financements, et en se mettant à l’écoute des demandes sociales et économiques de l’époque. La France des Trente Glorieuses a conçu un projet d’administration de l’université par l’Etat au service de l’économie, où la recherche individuelle libre était niée et la recherche de la vérité asservie aux intérêts sociaux, économiques et politiques qui a conduit à la destruction de l’université et à la perte de ce que cette institution peut signifier.
Comment en est-on arrivé là ? Quand un idéal disparaît, il y a plusieurs raisons : il a cessé de s’appliquer aux réalités, il n’est plus compris, il n’est plus porté par ceux qui étaient supposés l’incarner. La conception de l’université du cardinal Newman, mais aussi de nombre d’hommes de savoir de son siècle, comme Wilhelm von Humboldt, Ernest Renan, Matthew Arnold, peut être appelée sacerdotale et libérale. Elle avait des versions confessionnelles, mais aussi des versions laïques, inspirées par l’idéal des savants. Les universitaires de cette tradition se pensaient comme des gardiens du temple de la vérité et du savoir, et, pour reprendre le terme de Max Weber dans Wissenschaft als Beruf, comme membres d’une « aristocratie spirituelle »[4]. Ils se pensaient aussi comme libres, au sens où la vérité qu’ils recherchaient était indépendante de toute visée instrumentale ou politique, et parce qu’ils étaient libres[DS1] d’organiser leur recherche et leur enseignement dans des institutions qu’ils dirigeaient et où travaillaient des gens qui partageaient leurs idéaux. Quand on les attaquait de l’extérieur, ils pouvaient avoir des envolées comme celle qu’Unamuno aurait faite face aux franquistes en 1936 à Salamanque :
« Cette université est le temple de l’intelligence. Et je suis son grand prêtre. C’est vous qui profanez son enceinte sacrée. Vous vaincrez, parce que vous possédez plus de force brutale qu’il ne vous en faut. Mais vous ne convaincrez pas. Car, pour convaincre, il faudrait que vous persuadiez. Or, pour persuader, il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans la lutte. Je considère comme inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai terminé. »[5]
Bien entendu ces hommes de savoir ne respectaient pas toujours ces idéaux et à chaque époque on moqua la corruption du savoir : les savants humanistes contre les scolastiques, les philosophes des Lumières contre les Jésuites, les intellectuels du vingtième siècle contre les « universitaires » et la trahison des clercs. On leur a maintes fois reproché de se réfugier dans la tour d’ivoire. Pierre Bourdieu a fustigé « l’illusion scolastique » qui se livre au culte désintéressé du vrai, en toute ignorance des origines sociales du savoir académique et de ses conséquences économiques [6]. Mais est-ce une illusion ? En quoi se réclamer de la recherche du vrai et du savoir est-il illusoire ? Celle-ci implique-t-elle nécessairement un aveuglement sur les enjeux sociaux de la recherche universitaire ? Et quel modèle suivre si l’on rejette cette prétendue illusion ? Celui d’une université réduite à un forum politique et social, proposant des savoirs « libres » et gratuits, en avant-garde de tout ce qui peut être « décolonisé » et comme fédération des pluralismes du présent et du futur ? Ou bien d’un nouveau « régime » du savoir axé sur l’économie en attente de bureaucrates et d’administrateurs de la science « appliquée » ? Pourquoi l’idéal du savoir universitaire au sens classique entraînerait-il nécessairement une domination sociale intolérable ou une soumission au capital ?
On peut décrire le processus de destruction progressive de l’université, à la fois comme idée et comme institution, comme une longue descente vers sa fin, qu’on peut appeler, en empruntant à Alfred Hitchcock, celle des Trente-neuf marches[7]. Même si le devenir des universités est à présent mondial, il ne sera ici question que de l’université française, qui a des caractères bien spécifiques.
1 Premières marches : les conditions historiques
La tradition de l’enseignement universitaire en France contraste profondément avec celles d’autres pays[8]. L’université de Paris eut un grand rayonnement au Moyen Âge, mais le pouvoir politique en France se méfia toujours des universités, préférant créer des collèges spéciaux, comme le Collège Royal et les collèges jésuites, comme le Prytanée militaire de La Flèche et le Collège de Clermont. Les jésuites sont expulsés de l’enseignement en 1763. La Constituante supprime les universités, et la Convention crée les écoles spéciales : Ecole normale, Ecole polytechnique, etc. Napoléon conserve cette structure. Les établissements nommés « universités » disparaissent. Ce n’est qu’avec la Troisième République en 1896 que des universités sont timidement rétablies sur leurs ruines. Le système universitaire français depuis des siècles a trois caractéristiques : même quand elle est supposée « libre », l’université est toujours sous la pression de l’Eglise ou sous l’autorité du pouvoir royal et de l’Etat (même aujourd’hui elle dépend des recteurs et du Ministère de l’enseignement supérieur, et ses professeurs sont des fonctionnaires), et elle est presque toujours conçue comme appendice de l’enseignement primaire et secondaire, comme faisant partie d’une même institution, l’ « école ». Ses agrégés du secondaire sont « de l’université », et les professeurs dits de « chaires supérieures » enseignent dans les lycées. Ce primat du secondaire a été l’un des fleurons de l’enseignement français. Mais il a conduit à secondariser tout l’enseignement universitaire.
2 Schizophrénie institutionnelle
C’est justement parce que les Français n’acceptent pas l’idée, qui est celle des universités allemandes de tradition humboldtienne (mais dont le modèle a essaimé dans toute l’Europe et aux Etats-Unis), selon laquelle recherche et enseignement vont de pair (Lehre und Forschung) qu’ils voient les universités avant tout comme des établissements de pur enseignement. C’est parce que l’université semblait, d’un côté par rapport aux grandes écoles, et même par rapport à l’enseignement des lycées, et de l’autre en matière de recherche[DS2] , avoir failli à ses missions qu’on l’a toujours mise en concurrence avec des institutions d’élite d’enseignement et avec des institutions de recherche. Il en est résulté, au vingtième siècle, un modèle aberrant au regard des grandes universités mondiales : l’enseignement supérieur est dominé en France d’un côté par le système des grandes écoles, formant une élite recrutée par sélection, mais dévolue essentiellement à une formation professionnelle (ingénieurs, professeurs, politiques), et de l’autre par les grands « organismes » de recherche (avant tout le CNRS), tous deux indépendants et en concurrence avec les universités, non sélectives, parent pauvre pléthorique par ses populations.
3. Cette schizophrénie produit une rivalité pédagogique et sociale entre deux enseignements supérieurs, celui des Grandes écoles et celui des universités « proprement dites ». Ces dernières ne sont pas dites proprement car elles n’ont ni le monopole de la formation des élites ni celle de la recherche. Dans chacun de ces domaines l’université est concurrencée, et d’abord financièrement : les grandes écoles et les classes préparatoires n'accueillent que 5% des étudiants mais disposent d’un cinquième du budget de l’éducation[9], et le CNRS, dont les agents ne sont pas requis d’enseigner [DS3] (et s’en flattent), consacre la majeure partie de son budget à sa masse salariale. Les gouvernements ont eu beau essayer de combler ces fossés, le système français d’enseignement supérieur repose toujours sur ces divisions : ni les administrations ni les carrières ne sont les mêmes, ni les étudiants (par exemple la majorité du personnel politique n’est jamais passé par l’université). On entend souvent dire que ce système permet le pluralisme. Mais il faut une bonne dose de cynisme pour ne pas reconnaître qu’il dysfonctionne, puisqu’il crée des inégalités dès ses bases : des universités pauvres, mal équipées, accueillent des masses d’étudiants sélectionnés par l’échec, où des universitaires frustrés, très diplômés, ont des conditions d’enseignement et de recherche suboptimales par rapport à la fois à leurs collègues des Écoles et à ceux des organismes de recherche.
4. Peut-on dire que le système français d’enseignement supérieur, comparé à d’autres, fonctionne malgré tout plutôt bien, comme on l’entend dire souvent ? C’est douteux : ses universités sont mal classées dans les classements [DS4] internationaux, même par rapport à des pays plus petits comme la Suisse qui ne reposent pas sur ce type de divisions. Il est surtout fonctionnellement déficient : un enseignement, comme celui des classes préparatoires et des grandes écoles, séparé de la recherche, se sclérose et tend vers le conservatisme, et une recherche, comme celle du CNRS, aussi brillante soit-elle, mais qui ne profite pas aux étudiants, se dévitalise. C’est la conception même du système qui est fautive, comme une maison affectée d’un vice de construction majeur. C’est notamment pourquoi aucun autre pays, mise à part l’ancienne Union soviétique, qui a servi de modèle, n’a jamais adopté un tel système. Hubert Curien avait coutume de dire du CNRS : « Envié par tous, mais jamais imité ». Mais si l’on fait abstraction des universités dans la troïka Grandes Écoles – « organismes » – Université, le système fonctionne en fait plutôt bien, car la bourgeoisie a suffisamment des premières pour former ses élites et des seconds pour assurer ses liens avec l’industrie.
5. L’université et « l’École »
Il y a une relation étroite entre le fait qu’on désigne en France comme « l’École » aussi bien le primaire et le secondaire que le supérieur : on les conçoit comme d’un seul tenant, celui de l’éducation « républicaine ». L’image de la Troisième république d’une « école » de la maternelle à l’université » est un mythe, entretenu longtemps par l’existence d’un unique ministère qui régirait l’ensemble. On parle d’ailleurs très longtemps de « L’Université » au singulier, comme si les « facultés » ne formaient qu’une seule entité. Cette conception est par certains côtés admirable, mais elle est catastrophique dans le monde contemporain au regard des finalités de l’enseignement supérieur, et elle montre le déphasage historique complet des Français. Elle n’a de sens que si l’on conçoit l’université comme seulement une institution de transmission du savoir, alors qu’elle doit être aussi productrice de savoir. L’université, selon le modèle scolaire français, n'est que le prolongement du secondaire, et c’est pourquoi elle est conçue comme une sorte de « secondaire supérieur », oxymore par lequel on désigne les classes préparatoires des lycées, sélectives et supposées représenter l’excellence « universitaire », alors que « la fac » est ouverte en principe à tous. Il y a là, outre une erreur historique et scientifique, une véritable escroquerie : on tient comme le paradigme de l’enseignement supérieur des formations dont les étudiants sont les meilleurs des lycées, mais où les professeurs sont nommés par des inspecteurs généraux et dont il n’est pas exigé qu’ils aient une thèse. L’université, identifiée à « l’École » – petite ou grande – est conçue comme essentiellement l’institution où le savoir se transmet, et non pas celle où il se crée. Mais surtout elle est la voiture-balai de l’enseignement supérieur, regroupant des filières où vont les étudiants les moins formés et les moins motivés[10]. La « recherche » s’élabore ailleurs, en dehors de l’enseignement et de ses contraintes : quand un universitaire en fait il doit s’affilier à une équipe CNRS. C’est le monde à l’envers : les meilleurs professeurs se voient confier les moins bons étudiants et recevoir des conditions moins bonnes pour leur recherche, et les « purs chercheurs » sont dispensés d’enseigner. Mais qu’est-ce qu’une recherche qui ne s’enseigne pas ? Faute d’avoir résolu, ou plutôt en n’ayant pas voulu résoudre cette équation simple, le système français a beau appeler « université » aussi bien les classes préparatoires et les grandes écoles que l’université « proprement dite » et les organismes de recherche, aucune de ces composantes n’est vraiment une université.
Il y a bien eu, depuis qu’au dix-neuvième siècle la France, après sa défaite de 1870, a un peu plus écouté Renan, Durkheim et Liard [11] et créé des institutions sur le modèle allemand, comme l’Ecole pratique des hautes études, et quand aujourd’hui on essaie de « rapprocher » le CNRS des universités, des tentatives pour sortir de ce modèle qui se dit « républicain » mais a fait la preuve de son inefficacité et de ses injustices : ce sont les enfants des familles les plus riches qui vont dans les grandes écoles et dans les filières longues à l’écart de l’université, et les enfants des familles pauvres et des classes moyennes qui sont destinés à une université au rabais, massifiée, surchargée et sous-équipée. Beaucoup y trouvent leur compte : la bourgeoisie forme ses enfants dans ce qu’elle croit être des institutions d’élite mais qui ne font pas le poids au plan international, alors que les classes moyennes ont droit à une université au rabais, destinée essentiellement à les détourner du chômage. Ce processus a été décrit maintes fois, mais aucun renversement ne semble en vue[12].
6. Un système d’enseignement conçu sur le modèle du secondaire aurait peut- être encore un sens s’il fonctionnait bien et si les universités recevaient des étudiants ayant reçu une vraie formation secondaire. Mais le secondaire aussi s’est effondré. Les réformes successives ont toutes échoué : chaque ministre a eu la sienne, revendiquant pour les lycéens un « socle commun » supposé produire « la maîtrise de la langue française, la connaissance des éléments principaux en mathématiques, une culture humaniste et scientifique permettant le libre exercice de la citoyenneté, la pratique d'au moins une langue vivante étrangère, la maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication » et dont on doit convenir que les jeunes bacheliers sont bien loin. En 1981, Jean-Pierre Chevènement fixa l’objectif de 80% d’une classe d’âge au bac. C’est devenu une réalité puisqu’au fil des années les effectifs des premiers cycles ont explosé. Cela n’a pas rendu plus de futurs étudiants aptes à l’enseignement universitaire. Depuis des années les filières littéraires ont vu arriver des bacheliers incapables d’écrire des copies de plus de cinq pages, à l’orthographe vacillante, aux capacités d’apprentissage quasi nulles et au niveau en langues désespérant. Les filières scientifiques sont à peine mieux loties : les compétences en mathématiques se sont effondrées, il n’y a presque plus de candidats en sciences expérimentales, tous les étudiants les plus aptes ayant passé avec armes et bagages dans les écoles de commerce et le supérieur privé. Pour reprendre une métaphore un peu éculée, l’université française depuis des décennies sert de parking.
[1] J.H Newman, The Idea of a University, London: Longmans and Green,1852, réédition, Oxford: Oxford University Press.1976, trfr Ad Solem Geneve 2007 . Evidemment – ce qui limite la force de sa proposition – le Cardinal incluait dans son université idéale la faculté de théologie, dont les prétentions sont aussi dominatrices que celles des stratèges des écosystèmes universitaires d’aujourd’hui. Les universités d’alors n’avaient pas, mises à part les facultés de droit, d’objectifs professionnels directs, à la différence des Hautes écoles allemandes et des Grandes écoles françaises.
[2] K. Jaspers , Karl Jaspers, Die Idee der Universität, Berlin-Göttingen-Heidelberg, Springer Verlag, 1961 (première ed. 1923, 2eme ed. 1946), p. 158-160 (voir S.Richter, “What Kind of Academic Freedom and for Whom? Karl Jaspers’ Idea of the University in Forum Transregionale Studien · Veröffentlicht 10. März 2021 · Aktualisiert 26. April 2022,https://trafo.hypotheses.org/27075
[3] Cf le rapport Mission sur l’écosystème de la recherche et de l’innovation, dirigé par Philippe Gillet, juin 2023 : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-06/rapport---mission-sur-l-cosyst-me-de-la-recherche-et-de-l-innovation-28193.pdf
[4] Max Weber, Wissenschaft als Beruf, 1917. Traduction française : La science, profession et vocation, Marseille, Agone, coll. « Banc d'essais », 2005.
[5] Cette déclaration a été attribuée à Unamuno, mais elle n’est sans doute pas verbatim. On cite souvent cette phrase sans mentionner qu’au début Unanumo avait approuvé Franco. Voir Luciano Gonzalez Egido : Agonizar en Salamanca. Unamuno. Julio-Dicembre, 1936, Madrid, Alianza Editorial, 1986, reed. Tusquets, 2006.
[6] Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Paris, Le Seuil, 1997.
[7] Ainsi qu’à Kevin Mulligan , « How to destroy a Faculty of Letters, Twenty five easy steps”, in G. Hermeren et N.E Sahlin, Trust and Confidence in scientific Research, Royal Academy of Sciences, Stockholm,2013, p.23-36 . Nombre de travaux antérieurs ont fait, souvent mieux qu’ici, les mêmes constats, notamment : Jules Vuillemin , Reconstruire l’université, Paris, Fayard, 1968 ; Jürgen Mittelstrass, Die unzeitgemäße Universität, Frankfurt, (Suhrkamp Verlag) 1994 ; Michel Freitag, Le naufrage de l’Université ; ARESER, Quelques diagnostics et remèdes urgents pour une université en péril, 1997, Liber, Paris : Antoine Leca, « Université : licences à vendre » Le Monde , 30.04.2012 ; Francois Vatin, Expansion et crise de l'Université française ,Commentaire 2012/3 (Numéro 139), pages 823 à 838 Olivier Beaud, Le savoir en danger, 202 ; Yves Dupont, L'Université en miettes. Servitude volontaire, lutte des places et sorcellerie, Montreuil, L'Échappée, coll. 2014 , et les nombreuses interventions d’Olivier Beaud ,de Claudio Galderisi et de l’association QSF , https://www.qsf.fr/ et particulièrement le texte « Une université au service des savoirs et de la société , 2017 https://www.qsf.fr/wp-content/uploads/2019/04/Une-universit%C3%A9-au-service-des-savoirs-et-de-la-soci%C3%A9t%C3%A9.pdf
[8] Comme le rappela en son temps Louis Liard, L’enseignement supérieur en France 1789_1893, 2 vols A.Colin, 1894. Christophe Charle et Jacques Verger , Histoire des universités, Paris, PUF, 2012.
[9] Voir « Quelle démocratisation des grandes écoles depuis le milieu des années 2000 ? » Cécile Bonneau, Pauline Charousset, Julien Grenet et Georgia Thébault, Rapport de l’IPP n° 30, Institut des politiques publiques, janvier 2021.
[10] F.Vatin in A. Beaud, A. Caillé, P. Encrenaz, M. Gauchet, F. Vatin, Refonder l’Université française. Pourquoi l’enseignement supérieur reste à reconstruire, Paris, La Découverte, 2010
[11] Renan, La réforme intellectuelle et morale , 1871, reed Perrin 2011, Liard op.cit , Durkheim, « La vie universitaire à Paris » (1918) , in Textes Paris Minuit 1975.
[12] Francois Vatin « Université : la crise se confirme et s’aggrave », Commentaire, n° 149, printemps 2015, 0

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